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Collectionner les photographies

Dossier artnet.fr, partenaire de Paris Photo

Par Christian Caujolle/artnet.fr

Il y a des collectionneurs de tout. Même de collections ! Et, à l’intérieur du secteur de la photographie, dont le champ est aussi large que souple, l’extension des thématiques et des approches est grande, presque sans limites.

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Chez les collectionneurs, il en est qui s’attachent à des thèmes correspondant aux genres traditionnels : nu, portrait, paysage pour prendre les plus classiques. D’autres ont déterminé des sujets plus originaux (la main, le chapeau, l’ombre, l’œil)  ou pointus, d’autres encore s’attachent à la notion de document, à des secteurs comme l’image de mode, la photographie  publicitaire  ou industrielle. Il y a aussi ceux qui se concentrent sur une époque, sur un territoire géographique, sur un auteur, une école, sur la couleur, sur les images tirées sur autre support que le papier, sur une technique comme le platine ou la gomme bichromatée. Dans la période récente, on a vu se développer de plus en plus de collections  autour des albums de famille, des images vernaculaires et, grand must actuel, des anonymes.

Une collection n’est pas seulement l’accumulation  sur un thème ou un axe et, même s’il existe des collections  à prétention exhaustive, elle vaut avant tout par le choix de celui qui la réunit, qui associe les images, opère des rapprochements, propose des lectures ou relectures du medium et finit par, souvent de façon involontaire, dresser un véritable autoportrait.

 

Sa constitution  dépend autant des moyens que l’on peut – ou que l’on décide de – lui consacrer que du goût du collectionneur.

C’est dans les galeries que l’on trouve aussi bien l’offre la plus importante que des conditions  de valorisation régulière de l’œuvre par les expositions  et un professionnalisme qui, normalement, garantit aussi bien la nature et l’authenticité des œuvres que leur limitation lorsqu’elles  sont proposées en édition. Bien des galeries ont des contrats d’exclusivité – plus ou moins stricts – avec les photographes, d’autres composent des offres en accord avec des confrères, français ou étrangers. Certaines galeries sont vraiment spécialisées  en photographies, voire se concentrent sur une période (dix-neuvième siècle, photographie moderne) mais, surtout dans le domaine du contemporain, on peut trouver de la photographie dans des galeries proposant un panel large d’œuvres visuelles.

Il suffit, pour se faire une idée de l’offre (certaines galeries  suivent des lignes esthétiques très précises) de se rendre dans les salons – Paris Photo est incontestablement dans ce secteur la meilleure foire spécialisée  au monde – où l’on pourra repérer les professionnels proposant le type d’images que l’on recherche. C’est également le cas dans des foires d’art contemporain et, aujourd’hui, de design ou d’objets décoratifs qui montrent de plus en plus de photographie. La grande majorité des galeristes, ceux en tout cas qui défendent bien leurs artistes, sont disponibles auprès du visiteur pour lui donner explications et précisions, tant sur les œuvres que sur les artistes. Il ne faut pas hésiter à les déranger, cela fait partie de leur travail.  Tout naturellement, des galeries virtuelles se sont développées sur Internet, dont certaines ont des relais dans des espaces physiques. Elles sont généralement fiables mais il est évident que l’approche est délicate puisqu’il ne faut jamais oublier que l’on achète un objet et non une image. Voir le tirage est aussi une expérience qui fait partie du plaisir et qui peut être un critère de choix.

Autre source importante, les ventes aux enchères. Elles sont de tous ordres, des plus prestigieuses à celles qui proposent un peu de tout, avec une gamme de prix très large, du chef-d’œuvre au document plus banal. Elles permettent souvent d’acquérir des pièces de qualité à des prix inférieurs à ceux des galeries mais le contraire peut aussi arriver, d’où l’importance  de bien s’informer sur la cote des artistes, ce que propose artnet®.

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Certaines ventes sont spécialisées (sur le voyage, consacrées à la dispersion d’une collection,  sur une thématique).  On ne peut que conseiller de se rendre aux expositions, qui ont lieu avant la mise à l’encan, car c’est la seule façon de vérifier l’état des objets. S’il n’y a généralement aucun souci avec les objets proposés par les grandes maisons dont les catalogues sont tout à fait précis, on ne peut malheureusement pas en dire autant de bien des catalogues français, trop approximatifs, et qui peuvent réserver de mauvaises surprises si l’on achète au téléphone sans avoir vu les pièces. En ce qui concerne les ventes aux enchères sur Internet, qui se multiplient,  on peut avoir une entière confiance dans certaines propositions   comme celles des Enchères en ligne artnet qui démontrent une vrai rigueur quant à la qualité des œuvres, leurs estimations et le suivi des transactions. Certaines maisons très connues garantissent également leur marchandise vendue en ligne. Il existe enfin d’autres propositions, plus aléatoires, sur des sites généralistes, où le bon achat relève le plus souvent du coup de chance.

Et il reste toujours, grand plaisir, une source importante, celle des marchés aux puces, brocantes, libraires d’occasion, vide greniers et autres lieux de vente non spécialisés dans lesquels il faut fouiller, fouiner, à la recherche de l’image ou de l’objet qui va vous émouvoir, vous faire vibrer, et qui entrera dans votre collection un peu comme par magie. C’est parfois là que débutent des orientations  de collection que l’on n’avait pas prévues.


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Si l’on pense spéculation, c’est autre chose. Et c’est un métier, dans ce domaine comme dans l’immobilier  ou la bourse. Il y a pour le marché de la photographie, comme pour les autres, des indices permettant de situer un auteur, ou les périodes d’un auteur, sur des courbes de prix dénonçant des évolutions ou régressions de la valeur marchande d’une œuvre. Le travail des marchands en corrélation avec les musées et, pour certains, avec les les salles des ventes, favorisent généralement l’accroissement de la demande, et donc de la valeur pécuniaire d’un photographe. Mais, au delà de ces aspects pratiques, l’essentiel  reste le plaisir, le dialogue avec le travail des photographes, avec les images qui parlent à notre sensibilité  et nous font rêver ou penser.